Musique Features

Les 11 nouveaux visages du rap pour 2017

Parce que les tops de fin d’année sont le plus souvent tournés vers le passé (les 12 mois écoulés), nous avons décidés, cette fois-ci, de plutôt regarder vers l’avenir. Ce nouveau top recense ainsi 11 nouveaux visages qui feront le rap de 2017 à nos yeux. De la Suisse à la Tanzanie, en passant par la France et la Belgique, découvrez nos rookies de l’année. C’est parti! 

11 – Rosa Ree (Tanzanie)

Parce qu’on a envie de croire au rap made in Afrique de l’Est et que Rosa Ree, l’auto-proclamée ‘Rap Goddess’, déborde de talent, de beauté et d’attitude sur son premier single « One Time ».

10 – DI-MEH (Genève / Suisse)

Parce qu’après l’essor de Londres et Bruxelles, on peut enfin rêver à l’édification d’un véritable rap européen pour contrebalancer la domination américaine sur le marché.

Et que si l’on devait choisir un représentant suisse, DI-MEH serait tout désigné. Balançant morceaux sur morceaux sur le web, c’est pourtant en live qu’il est préférable de découvrir DI-MEH et toute sa clique d’allumés (shout-out à Slim-K et son ‘DoubleDab‘) faire des figures de kung-fu dans les airs.

9 – Caballero & Jeanjass (Bruxelles/Belgique)

Avec Damso et Hamza, l’hexagone est tombé amoureux du rap venu du Plat Pays. 2017 devrait confirmer cette tendance. En plus d’écumer les scènes en Belgique et en France durant toute l’année 2016, Caballero et Jeanjass ont eu le temps de lâcher Double hélice, leur savoureux premier album collaboratif.

Les deux belges s’en donnaient à coeur joie : passe-passe, jeux de mots, punchlines (« J’fais partie de gens qui naissent pour/battre des records j’écris mon album dans le Guinness Book »), bref le duo a tout ce qu’il faut dans les mains pour passer au niveau supérieur.

8 – Saba (Chicago/USA)

Parce qu’après Chance The Rapper, ce sera au tour de son pote Saba de porter le rap coloré et empli de foi de Chicago au plus haut niveau. Vous êtes prévenus.

7 – Triplego (Montreuil/France)

Photo : Antoine Laurent pour SURL.

Sur le papier, Triplego pourrait être une simple version copier-coller de PNL : du rap de dealer au bout du rouleau, habillé par des productions qui tournent au ralenti.

Pourtant, grâce à la qualité des textes de Sanguee (« Bitch, j’ai besoin de playa, fais des vagues avec ton cul »), et à la puissance des instrumentations de Momo Spazz, le duo parvient à sonner complètement personnel et original.

Et puis, il faut voir leur ballades pleines de spleen se transformer en bangers létaux en live pour comprendre tout le potentiel des deux montreuillois.

6 – 24hrs (Atlanta / USA)

Les morceaux du mystérieux chanteur d’Atlanta 24hrs ressemblent à un croisement génétique entre le R&B de The Dream et le club rap de Rae Sremmurd.

Soit à peu près tous ce que les gens ont envie d’entendre ces derniers temps, raison pour laquelle on mise beaucoup d’espoirs sur le jeune crooner au timbre d’enfant en 2017.

5 – Ichon (Montreuil / France)

Rappeur, acteur de ses propres clips, mannequin… les nombreux talents d’Ichon pourraient faire de lui l’une des figures incontournables du rap français dans les années à venir.

Quoi qu’il en soit, le membre du crew Bon Gamin (avec Loveni et le beatmaker Myth Syzer) a éclaboussé la concurrence avec l’excellent #FDP en 2016.

Sur cet EP, il donnait dans un punk rap sanglant et jouissif qui culminait sur l’infectieux « Marche Ou Crève ». Avec un nouveau projet déjà annoncé (Il Suffit De Le Faire), soyez sûrs qu’Ichon fera parler de lui en 2017.

4 – AJ Tracey (Londres / Royaume-Uni)

2016 fut aussi l’année de l’explosion du grime (le rap britannique pour les cancres). Il semblait donc logique d’inclure l’un de ses représentants dans notre liste de rookies. Si vous connaissez sûrement les noms de Skepta ou Stormzy, on entend un peu moins parler du jeune AJ Tracey.

Pourtant le londonien a charbonné comme personne cette année, sortant 3 EPs de grande qualité. On y retrouve le débit TGV et les basses vicelardes typiques du genre, mais aussi des références inattendues aux dessins animés japonais. L’écoute de son excellent « Pasta » ci-dessous devrait suffire à vous laisser convaincre.

3 – Jazz Cartier (Toronto / Canada)

A Toronto, il semble difficile d’exister en dehors de la tutelle de Drake et de son think-tank OVO. C’est pourtant le pari risqué qu’a tenté Jazz Cartier. Et il ne semble pas trop mal s’en tirer, merci pour lui.

Sur sa mixtape Hotel Paranoia, il donne dans une post-trap grandiloquente et essaie de se dépeindre en nouvel empereur de la mégalopole canadienne. Et ça fonctionne plutôt pas mal, notamment sur le single « Opera » en écoute ci-dessous.

Ceux qui ont eu la chance de le voir en live (il était de passage à Paris au printemps dernier) savent aussi que le torontois est une sacrée bête de scène. Bref, il y a des chances que 2017 soit son année, désolé Drake.

2 – Kamaiyah (Oakland / USA)

Kamaiyah porte sur ses épaules les espoirs de toute une région des Etats-Unis : la Bay Area (qui désigne la région de la baie de San Francisco, incluant les villes d’Oakland, Richmond ou Vallejo). Si ce coin de la Californie est le berceau de quelques légendes du rap US (E40, Too Short…), ça fait belle lurette qu’il n’a pas réussi à propulser un de ses emcees en Major League.

Pour réaliser cet objectif, Kamaiyah peut s’appuyer sur son rap frais et enlevé, aux sonorités g-funk délicieusement rétro, et sur ses connexions avec le nouveau patron de la West Coast, YG. Sa mixtape A Good Night In The Ghetto sortie cette année a été largement plébiscitée et permet d’espérer de belles choses pour son éventuel premier album en 2017.

1 – Jorrdee (Lyon / France)

Jorrdee pourrait être la star du rap de demain, pourtant lui-même semble s’y refuser. « Ils veulent faire commerce de mon art » balance-t-il sur son single « Rolling Stone », comme pour dire qu’il a le coeur trop pur pour cette industrie putride. On ne peut pas lui donner tort.

Une position qu’il assumera lors de l’interview lunaire qu’il a donné à Générations (meilleur moment d’internet de 2016), refusant ostensiblement de répondre aux questions de l’animateur. Oscillant entre ambiances trap poisseuses et R&B vaporeux, Jorrdee n’est jamais meilleur que lorsqu’il s’agit d’écrire des hymnes mystérieuses et envoûtantes comme le désormais classique « Rolling Stone ».

Pour toutes ces raisons, plus son excellent album BJOVR$^LOP€! réédité en septembre, Jorrdee est notre rookie de l’année.


Dernières news
Ecoute la radio Trace