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Polémiques, succès, racisme, M.I.A se livre dans une interview exclusive

A l’occasion de la sortie de clip P.O.W.A, Trace vous dévoile l’intégralité de son interview exclusive avec la rappeuse Londonienne M.I.A. L’occasion de revenir sur ses débuts, et de parler de l’évolution des différents combats de l’artiste engagée.

 

 

M.I.A, artiste anti système

M.I.A est une artiste anti système pour qui rien n’est plus important que la liberté. Révélée grâce au titre Paper planes, également bande originale du film Slumdog Millionnaire sorti en 2007…cette artiste engagée a séduit son audience grâce à son style de bad girl color pop et un cocktail détonnant, mélange de raga, de UK garage et de jungle. Un style très populaire, mais des prises de positions politiques qui ne font pas toujours l’unanimité outre atlantique.

« Pour être compatible avec le model culturel américain, il faudrait que je chante à propos de l’argent, de richesses, ou de sexe, parce que c’est ce qui fonctionne là-bas. Bien sûr, j’aurai pu suivre ce schéma, mais j’ai résisté, je n’ai pas voulu suivre cette formule parce que je voulais garder mon identité. Vous savez, je fais parti d’une première génération de réfugiés. Donc je dois être en accord avec toutes ces choses que j’ai vues et vécues. Ça doit faire partie de mon discours. »

Une discographie marquée par la violence de son enfance 

Derrière cet univers clinquant se cache une histoire douloureuse, de l’indignation, à la résignation, chacun de ses 4 premiers albums fait écho à son combat… Le premier, raconte son histoire : après avoir fuit le Sri Lanka pendant la guerre civile, M.I.A et sa famille ont trouvé refuge à Londres. Dénommé Arular, le nom de combattant de son père, cet album rend hommage aux rebelles Tamouls, l’occasion de clamer son indignation face aux inégalités, à la terreur et la violence dans le monde.

« Quand j’ai écrit Arular, j’étais vraiment en colère. Et j’ai eu l’impression que le monde d’aujourd’hui est le reflet de ce que j’ai pu ressentir. »

Liberia , Darfour, M.I.A s’est ensuite intéressée à d’autres causes humanitaires. Des thèmes qu’elle aborde avec candeur dans Kala, album qui porte le nom de sa maman.

« L’album Kala, c’était mon billet pour voyager le monde, et voir ces endroits de mes propres yeux. Mais très vite, je me suis rendue compte que ce n’était pas possible de nourrir tout le monde, surtout quand la cupidité et au dessus, et qu’elle ne veut pas partir. »« L’album suivant, Maya, parlait de ce fameux mec en costume ! J’étais, genre, oh mon dieu ! je viens de trouver le mec en costume, et c’est lui qui est responsable de ça et ça et ça… »

Pensant avoir identifié un cible, la chanteuse sortira alors MAYA, un album coup de poing, qui fera d’elle la cible de critiques.

« Ça n’a pas marché en ma faveur. Ce qui leur plaisait, c’était, mes leggings, mes designs, mon style musical, mais pas mes opinions politique. Ils disaient que c’est ce qui m’empêchait de connaître le succès. Et pour mon 4eme album, je me suis dit ok ! Si je ne peux pas arrêter ce cycle, si je peux pas remettre en cause le système, alors je vais essayer d’être en paix avec moi même et avec cette planète. »

 

 

 

M.I.A un 5 em album qui sonne comme une libération

Qui veut la paix prépare la guerre, Alors qu’en est t’il du 5eme et supposé dernier album de M.I.A ? Le boycott et les critiques ont-ils eu raison de ses combats ? FOREIGN FRIEND, OLA NO VISA, FLY PIRATES, Les titres équivoques de A.I.M nous rassurent, l’artiste reste fidèle à ses convictions, toujours prête à donner des leçons.

« Certes, il y a des gens qui me détestent, mais il y en a d’autres qui m’aiment beaucoup. Il y a des aspects positifs, donc je dois continuer. Et certains ont besoin de leçons ! Ils sont dans une bulle, dont les parois sont de plus en plus épaisses, et c’est très difficile d’y pénétrer, pour essayer de leur montrer une autre perspective. »

Plus incisif que jamais, le premier clip d’A.I.M, « Borders », (« comprenez frontières ») dénonce avec sarcasme le sort réservé aux migrants. Une œuvre qui va à nouveau la pousser devant les projecteurs. Premier coup de gueule de la star, Borders ne recevra pas la moindre récompense, ni la moindre nomination malgré sa mise en scène spectaculaire. Selon elle, une preuve supplémentaire que la voix des peuples oppressés n’est pas entendue. Autre polémique, interviewée par the « Evening Standard » M.I.A reprochera aux artistes américains, notamment à Beyoncé, de cantonner leurs revendications à la défense des population afro-américaines. Des propos maladroits qui lui auront valu son éviction du festival Afro punk, un comble pour cette artiste qui prône pourtant l’unité.

« Il y a des blancs, des noirs, des indiens, des chinois qui sont super, j’inclue tout le monde dans mes œuvres et j’adore ça. Si je devais choisir un seul chose que mes œuvres devaient représenter, ce serai exactement ça. Et, en temps que réfugié, il y a pas mal de situations que j’ai connues, les HLM racistes, la discrimination dont fait preuve certaines institutions, mais peu importe. Je n’aime pas évoquer le racisme à proprement parler. Je préfère inclure tout le monde. Mes œuvres, sont plutôt des pièces montées qui rassemblent tout ce qui compose l’humanité. »

En une dizaine d’années, MIA est devenue l’une des plus grandes figures du hip hop alternatif. Même si l’artiste a confirmé son envie faire autre chose, de prendre du recul, que ses fans se rassurent, elle a également affirmé qu’elle fera toujours de la musique. Militante, Incandescente, à plus de 40 ans, MIA est plus que jamais, fidèle à ses convictions et continue de mener sa barque. Contre vents et marées.

JOURNALISTES : ELVIS ADIDIEMA, HELENE SERIGNAC


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