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Un festival afro-féministe avec des ateliers réservés aux femmes noires crée la polémique

Le collectif afro-féministe Mwasi organise en juillet prochain le festival Nyansapo durant lequel auront lieu des ateliers réservés aux femmes noires. La maire de Paris, Anne Hidalgo, a ,elle, aveuglément cru à un événement “interdit au Blancs” et demandé son interdiction, avant de botter en touche.

Annoncé en avril dernier, le festival afro-féministe militant et européen Nyansapo s’est retrouvé ce week-end au coeur d’une polémique qui a embrasé la toile à vitesse grand V. Sous le slogan “Don’t agonize, organize !” (“Ne vous laissez pas tourmenter, organisez vous !”), l’événement propose des tables rondes et des débats ouverts à tous mais également des ateliers de travail réservés aux femmes noires, aux personnes noires et aux femmes racisées. Pris pour cible sur le net par des trolls racistes et proches des mouvements d’extrême droite mais surtout après avoir été relayé par le site Fdesouche, le Nyansapo Fest a été taxé de racisme anti-blanc.

La mairie de Paris relaie une “fake news”

Si la fausse information lancée par des médias d’extrême droite aurait pu rester dans les méandres d’obscures sites fachos, la maire Anne Hidalgo a mis le feu aux poudres en trois tweets dimanche 28 mai. “Je condamne avec fermeté l’organisation à Paris de cet événement ‘interdit aux blancs”“, écrira-t-elle en citant la LICRA.

Et voilà comment un festival afro-féministe et ses ateliers réservés aux femmes noires devient un événement “interdit aux blancs”. Une formule dictée par des sites d’extrême droite et reprise par de nombreux médias. Sans compter des “détracteurs” qui avaient pour mission de faire annuler le festival par tous les moyens possibles : désinformation, harcèlement…

Non-mixité =/= racisme

Après l’annonce de la mairie de Paris, le hashtag #JeSoutiensMwasi arrive en tête des sujets les plus discutés sur Twitter. Certains découvrent alors le principe de non-mixité, une forme de militantisme qui a toujours existé dans les milieux engagés comme outil d’émancipation.

Nous revendiquons uniquement le droit d’avoir un espace entre nous où nous puissions nous sentir en sécurité, et où il nous est possible de mettre notre temps au profit de notre lutte plutôt que de le consacrer à de la pédagogie (en répondant par exemple aux nombreuses questions sur la non-mixité et l’existence ou la non-existence de l’oppression des hommes par les femmes et des blanc.he.s par les personnes racisées) “, expliquent les organisatrices sur leur site internet.

Comme l’a rappelé Libération dans un papier assez complet sur la polémique, la mairie de Paris finance un lieu non-mixte, la maisons des Femmes dans le 11e arrondissement et est partenaire d’un festival du film lesbien et féministe dont l’accès est réservé aux femmes.

Un semblant de mise au point

Ce lundi 29 mai, Anne Hidalgo a finalement affirmé sur Twitter avoir trouvé un compromis avec les organisatrices du festival. L’événement aura bien lieu dans un lieu public La Générale, qui a soutenu dès le début de la polémique le collectif Mwasi, et sera ouvert à tous mais les ateliers non-mixtes se dérouleront dans un lieu privé. Ce qui était déjà prévu au départ.

Donc beaucoup de bruit… pour rien au final. Ah, si. Un coup de projecteur sur un événement de lutte contre le sexisme et le racisme qui a vu son appel aux dons pour financer le festival grossir de quelques milliers d’euros.

En savoir plus Mwasi ICI | sur le Nyansapo Fest ICI

 

 


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