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Josué Comoe, du mannequinat à l’art politique : naissance d’un artiste

Boosté par la force des réseaux sociaux, à 23 ans, Josué Comoe débute une prometteuse carrière dans l’art avec pour ambition de ré-inventer la représentation des Noirs et des minorités.

Lorsqu’on lui demande de se présenter, Josué Comoe reste bref et surtout humble. “J’essaie de travailler à devenir artiste-plasticien”, déclare-t-il un peu timidement.  Il y a environ 6 mois, le jeune homme de 23 ans, encouragé par une amie, a diffusé ses premières toiles sur Twitter et son post est vite devenu viral. “C’était la première fois que je montrais réellement mon travail. Les réseaux m’ont permis d’être exposé alors que ça pourrait être un luxe dans la vraie vie“.

Josué est d’origine ivoirienne et ghanéenne et son visage vous est peut-être déjà familier. Et pour cause. Encore adolescent, il commence une carrière plutôt prometteuse dans le mannequinat. Un parcours auquel il mettra un terme au bout de deux ans, heurté par un milieu qui lui impose trop de codes et qui nie son identité d’homme noir. “J’ai ressenti ce besoin de me réapproprier ma personne et de casser ce truc où on me représentait via du fétichisme et des fantasmes. C’est comme ça que j’ai commencé à peindre“, raconte Josué.

📐 @vman Léa Colombo

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De cette première expérience dans le mannequinat, l’artiste tire surtout l’envie de se réapproprier son image. Un passage express en école d’arts lui fera vite comprendre que la mode n’est pas le seul milieu où la discrimination a encore de beaux jours devant elle. “L’école était censée m’apporter des références mais au final ça ne l’a pas fait. Ca a surtout été une expérience qui m’a permis de me rendre compte que les institutions n’allaient pas décidé de ce que j’allais devenir“.

“Mes tableaux aspirent à quelque chose de lumineux”

Très observateur par nature, Josué puise son inspiration dans ce et ceux qu’il voit au quotidien. A commencer par lui même qui est souvent le sujet de ses propres œuvres. Il commence également une réflexion autour de la représentation des hommes noirs et des femmes noires et plus globalement des “minorités”. “La première chose que je dis quand on me demande de parler de mon travail c’est que c’est thérapeutique. Aujourd’hui j’ai plus de maturité pour parler de la frustration que j’ai pu avoir. J’arrive à la retranscrire dans mes tableaux“.

" le Linceul " 130 x 99 Cm – Acrylic Painting

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Des femmes noires qui se tressent les cheveux, un enfant albinos, des femmes voilées… Voilà ce que l’on peut voir sur les toiles de Josué. Sous ses coups de pinceaux, les visages sont comme illuminés et les postures sont dignes. “J’ai envie que mes tableaux aspirent à quelque chose de lumineux, de positif et de transcendant. Il y a des gens autour de moi qui sont aussi dans une lutte pour prouver leur humanité, pour prouver qu’ils ont une place. J’avais envie de célébrer cette lutte“, explique-t-il. La Lutte c’est aussi le titre qu’il a choisi pour sa première exposition à Paris.

(c) La Meute Photographie

Désormais libéré de la pression de la validation et armé face aux injonctions du milieu, Josué Comoe a repris sa carrière de mannequin avec une approche beaucoup plus saine. “Du fait du racisme, je ne pense pas pouvoir travailler sur le long terme dans la mode. Mais comme je suis encore précaire, je ne vis pas encore de mon art, ça m’aide financièrement. Maintenant quand je ne suis pas pris en casting à cause de mon afro ou autre, je passe à autre chose. Je sais que j’ai mon art à côté et que je vais promouvoir une autre beauté.


La Lutte
Exposition de tableaux de Josué Comoe
Du 27 avril au 4 mai, de 14h à 19h
Espace 33, 33 rue de Boucret, Paris 19e

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