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Mort de Manu Dibango: 3 faits sur la carrière du “Godfather” de l’afro-jazz

Artiste iconoclaste et avant-gardiste, Manu Dibango aura marqué plusieurs générations par son style unique et son saxo inoxydable. Un instrument qui l’aura guidé dans le monde entier, fait rencontrer les plus grands artistes et confirmé son talent sur la scène internationale pendant plusieurs décennies. En hommage à cette illustre légende, découvrez 3 faits marquants sur sa carrière.

Le monde pleure la disparition de Manu Dibango. L’icône de la world music s’est éteint ce mardi 24 mars 2020 des suites du coronavirus, à 86 ans. Cet artiste à la gouaille légendaire et au rire contagieux, qui aimait rappeler qu’il a débarqué en France fin des années 40 avec ses 3 kilos de café dans la valise (ndlr: titre de sa biographie), a su traverser les époques et les styles musicaux, faisant de lui le parrain de la nouvelle génération. Une nouvelle génération qui s’inspire encore de ce génie tricéphale à l’aise en rumba, jazz ou pop. Retour sur 3 faits marquants de la carrière de Manu Dibango.

Indépendance Cha Cha

Emmanuel N’djoké Dibango a commencé à écrire sa légende bien loin de ses terres natales camerounaises. Après avoir effectué l’essentiel de sa scolarité en France dans la commune de Sarthe, il deviendra un personnage clé dans l’accession à l’indépendance….du Congo Belge

 

En effet, il a écrit les plus belles pages de la musique africaine en accompagnant la légende congolaise Grand Kalle sur le titre « Indépendance Cha Cha ». Alors qu’une table ronde se tient à Leopoldville (ex Kinshasa) avec Patrice Lumumba, père de l’indépendance congolaise et Mobutu qui est encore un simple journaliste, Grand Kalle composera ce qui deviendra l’hymne des états africains indépendants dans les années 60. Pour la petite histoire Manu Dibango rappellera que Grand Kalle « avait besoin d’un saxophoniste comme le sien était malade » .

Plagié par Michael Jackson

En 1982 le roi de la pop est sur le toit du monde avec son album Thriller, et le single eponyme qui affole les charts. L’un des titre de l’album intitulé « Wanna be startin’ something » fait sensation, notamment grâce aux coeurs africains reprenant le titre « Soul Makosa » de Manu Dibango.

Bien que ce titre n’ait pas connu un franc succès à sa sortie en 1972, il devient par la suite l’un des titres les plus repris par la scène Pop/Rnb américaine puisqu’il sera remixé par Rihanna en 2007 dans « Don’t stop the music » et par Akon en 2008. Après des années de procédures judiciaires Manu Dibango obtiendra gain de cause et sera crédité sur ces différentes reprises.

Parrain de la scène urbaine

Si Manu Dibango est une référence – respecté par les artistes émérites africains (Koffi Olomide, Meiway, Angelique Kidjo…) –  il s’est peu à peu transformé en parrain de la scène urbaine francophone. Après des collaborations avec des artistes rap tels que Passi en 2016, on le retrouve avec la nouvelle scène urbaine française ( Dinos, Tayc) pour des featurings intergénérationnels qui témoignent de la déférence que ces jeunes pousses peuvent avoir envers Manu Dibango. A l’instar d’un Jacob Desvarieux pour la musique caribéenne, il est un peu le « parrain » de cette musique afro-pop qui a fait un retour au premier plan ces dernières années.

Le dernier tube des 4 Keus en featuring avec Niska qui culmine à 33 millions de vues sur Youtube, sera sans doute le dernier hommage fait à l’artiste, avec ce « name-dropping » en plein milieu du refrain. Adieu Papa groove, longue vie au Makosa!


Par Elvis A.


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